Le Val-de-Travers
Commune de Saint-Sulpice
Origines
« Il y a une autre vallée appelée Sainct Seulpy du nom du patron du lieu, fermée de tous costés de hautes montagnes (...) ». Il s’agit là de la première mention du nom de Saint-Sulpice, autrefois juste une vallée reculée et difficilement accessible. Elle doit son nom à Sanctus Surspicius, évêque de Bourges au 4e siècle.
Cette petite vallée en cul-de-sac, coupée du monde, devient le terreau fertile à de folles légendes dont la plus célèbre demeure sans aucun doute « la Vouivre », du latin « vipra », vipère ; mi-serpent, mi-dragon.
Le manuscrit de Gallandre, rédigé en 1687, raconte l’histoire. Le monstre choisit de se poster sur le grand chemin de la Vallée de Sainct-Sulpy là où le parcours est le plus fréquenté. Il cause « plusieurs années de grands maux et dommages, tant aux personnes qu’aux bestes » et la nouvelle se répand aussitôt ; plus personne n’ose emprunter le sentier et même les habitants du village refusent d’y faire paître leur bétail. Tout trafic et tout commerce cesse sur cet axe de communication.
Un homme natif de là, Seulpy Reymon, décide d’attaquer le dragon. Il le surprend et le tue à grands coups de pierre, avant de brûler son corps sur place. Mais le pauvre héros tombe gravement malade quelques jours plus tard et meurt « accause de la puanteur et poison que portait cette monstrueuse beste ».
En tous les cas, la Vouivre n’est plus dans les bois de Saint-Sulpice mais elle hante désormais les armoiries de la commune.
En 1484, environ quarante personnes vivent à Saint-Sulpice, qui ressemble davantage à un hameau qu’à un réel village. Il possède cependant déjà sa propre chapelle, citée dès 1218 dans la chronique des évêques de Lausanne. Elle n’était alors qu’une annexe du monastère de Môtiers.
