Absinthe du
Val-de-Travers
9. 1er mars 2005 – Légalisation de l’absinthe
Le 1er mars 2005 à minuit, jour anniversaire de la République neuchâteloise, l’interdiction qui frappe la fabrication et la commercialisation de l’absinthe depuis près d’un siècle, est officiellement levée.
Une cérémonie officielle prend place à Môtiers, le chef-lieu du district du Val-de-Travers, berceau historique de l’absinthe. En présence de la population et des autorités communales et cantonales, la fée verte quitte d’abord la gendarmerie escortée de deux policiers qui l’accompagnent jusqu’à l’Hôtel des Six-Communes où elle est enfermée dans une cage avant d’en être symboliquement libérée ; l’absinthe sort de la clandestinité à minuit ce mardi 1er mars 2005. Pour la première fois depuis près d’un siècle, deux distillateurs de la région font publiquement déguster leur production.
En autorisant l’absinthe, la nouvelle législation sur l’alcool et les denrées alimentaires fixe aussi les conditions de sa légalisation, notamment concernant la thuyone (35 mg maximum par kilo d’absinthe sèche, en accord avec une récente directive européenne), la substance nocive qui avait cristallisé les oppositions au moment de l’interdiction de la fée verte. La thuyone est une molécule présente dans la sauge - mais aussi, comme son nom l’indique, dans les thuyas. Ingérée à forte dose, elle peut se révéler toxique pour le système nerveux.
Aussitôt, plusieurs distillateurs clandestins vallonniers font part de leur mécontentement, par la voix de Pierre-André Delachaux, conservateur du Musée de l’absinthe à Môtiers, qui, dans de nombreux médias romands, relaie leur crainte de perdre l’authenticité du breuvage. Et il est vrai qu’au début, peu de distillateurs ouvrent boutique.

Suite :
10. 17 novembre 2005 - Fondation de l’Association interprofessionnelle de l’absinthe
Quelques mois après la levée de l’interdiction, la totalité des cultivateurs et des distillateurs légaux d’absinthe du Val-de-Travers fondent l’association interprofessionnelle de l’absinthe, présidée par l’ancien Conseiller d’Etat neuchâtelois Thierry Béguin.